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Le Président Khabtane fait le point sur la fin de saison et les actualités du club

2 juin 2026 par
Le Président Khabtane fait le point sur la fin de saison et les actualités du club
Communication RE Virton

Quelques semaines après la montée en D1B, quel regard portez-vous sur cette saison ?

C’est une satisfaction collective importante. Le RE Virton retrouve le football professionnel après un cycle de reconstruction engagé depuis trois ans.

Cette réussite appartient à l’ensemble du club : joueurs, staff, employés, bénévoles, partenaires, direction et supporters raison pour laquelle nous avons voulu honorer tout le monde lors de cette fête des champions. Nous avons été champion tous ensemble. C’est important de le préciser.

Mais il ne s’agit pas d’un aboutissement. C’est une étape qui ouvre une nouvelle phase du projet.

 

Vous avez dit que vous ne vouliez pas faire de figuration en D1B. Qu’est-ce que cela veut dire concrètement ?

Tout d’abord, il faut rappeler notre objectif de départ : remonter dans le monde professionnel.

C’était indispensable pour redonner de la visibilité au club, des moyens supplémentaires et une structure plus solide.

Aujourd’hui, c’est fait.

Maintenant, nous entrons dans une nouvelle phase : faire progresser les joueurs, les valoriser et construire un modèle qui permet aussi de créer de la valeur sportive.

Nous ne pouvons pas seulement survivre à ce niveau, nous devons grandir. Cela implique plus d’exigence, plus de travail, plus de rigueur.

Nous avons des joueurs capables d’aller plus haut, maintenant il faut les accompagner pour y parvenir.

 

Le coach a fait plusieurs sorties dans la presse, vous les avez vues ?

Oui, bien sûr.

Nous avons d’abord choisi de ne pas répondre immédiatement afin d’avoir tous les éléments et de comprendre la situation calmement.

 

Souhaitez-vous apporter des précisions ?

L’objectif n’est pas de faire de la polémique, mais d’expliquer les faits.

Notre volonté de départ était de continuer avec le coach et de l’accompagner dans la suite du projet avec un staff plus étoffé. C’était encore notre position au 11 mai.

Le 12 mai, il fait une première sortie publique où il remet en cause la direction. Cela nous surprend, surtout sur le timing.

Mohamed Hakem, notre manager général, le contacte pour comprendre.

Lors de cet échange, il explique qu’il n’y a rien de mal, qu’il a des contraintes personnelles et professionnelles qui peuvent impacter la suite d’une éventuelle prolongation.

En parallèle, nous sommes informés qu’il a des contacts avec d’autres clubs, ce qui est normal en fin de contrat.

Mais ensuite, plusieurs éléments nous montrent un décalage entre ce qui est dit et ce qui est fait. Nous apprenons que le soir du titre il a informé plusieurs personnes qu’il s’en allait officiellement et que c’était son choix.

Nous avons eu la confirmation également qu’il avait dit à certains joueurs qu’il souhaitait les emmener avec lui dans un autre projet. Et lorsque les pistes avec d’autres clubs n’aboutissent pas, le discours change et il exprime publiquement sa volonté de rester.

Ce manque de cohérence a créé une situation compliquée.

À ce moment-là, la confiance n’était plus suffisante pour continuer sereinement.

 

Un commentaire sur ces attaques frontales ?

Ce n'est ni professionnel, ni élégant.

Je regrette le ton employé et certaines affirmations qui ne correspondent pas à la réalité.

Je considère également qu'il y a un devoir de réserve et de loyauté lorsqu'on représente un club.

Lorsque l'on occupe une fonction importante au sein d'une institution, multiplier les déclarations incendiaires contre son propre employeur n'est pas une marque de respect envers le club, ses dirigeants, ses salariés, ses bénévoles et ses supporters.

Je ne suis pas là pour plaire ou pour être dans l'émotion. Mon rôle est de prendre les décisions dans l'intérêt du RE Virton.

Dans un club, personne n'est au-dessus de l'institution

Les joueurs passent, les entraîneurs passent, les dirigeants passent.

Le club reste.

Et mon rôle est de protéger ce club.

 

Le coach affirmait encore il y a quelques jours vouloir poursuivre l’aventure. Y a-t-il eu des échanges directs avec lui ?

Dans le football, lorsqu’un entraîneur souhaite réellement s’inscrire dans la continuité d’un projet, cela passe généralement par des échanges directs avec son président et une volonté clairement exprimée.

Dans le cas présent, en tant que président et employeur, je n’ai pas eu de démarche directe de sa part pour exprimer une volonté de continuer dans le cadre du projet du RE Virton. Il a clairement fait comprendre que c’était soit lui soit le président. Jusqu’à preuve du contraire c’est moi qui paie son salaire. 

 

Comment définissez-vous le rôle de chacun dans la gouvernance du RE Virton ?

Dans un club professionnel, l’organisation repose sur des rôles clairement définis.

Le manager général, qui assure également les fonctions de directeur sportif, est au centre de la coordination sportive et du suivi du groupe professionnel.

Le staff technique gère le terrain, la performance et le quotidien des joueurs.

Le président est garant du projet global, des orientations et de la cohérence de l’ensemble.

Dans mon fonctionnement, j’ai également besoin d’avoir une vision directe et complète de la vie du club. Cela passe par des échanges réguliers avec les différents membres du club : staff, kinés, intendants et équipes opérationnelles.

C’est une manière de rester connecté au terrain, de comprendre les réalités du quotidien et de piloter le projet sans filtre, tout en respectant les responsabilités de chacun.

 

Intervenez beaucoup dans le sportif ?

Je ne compose pas les équipes, je ne dirige pas les entraînements et je ne fais pas les changements le week-end. Je n’ai jamais imposé un joueur.

En revanche, je suis responsable du projet sportif, du budget, des objectifs fixés au club et de son avenir.

Quand les résultats sont excellents comme lorsqu’ils sont plus compliqués, il est normal qu’un président s’intéresse à ce qui se passe et échange avec les différents acteurs du club.

S’informer n’est pas s’ingérer.

C’est ma responsabilité et je l’assume pleinement. Et j’ajouterai que c’est le fonctionnement normal d’un club de foot professionnel. Si on n’est pas capable de l’accepter il faut rester dans le monde amateur.


Cela a dû être une année difficile alors ?

Non, pas du tout.

Contrairement à ce qui a pu être dit ou écrit récemment, je n'ai jamais eu de problème particulier avec le coach durant la saison.

Comme dans toute relation entre un président et un entraîneur, nous avons eu des échanges, parfois des désaccords sur certains sujets, mais rien qui sorte du cadre normal du fonctionnement d'un club.

C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai continué à lui faire confiance lorsque nous traversions une période sportive plus compliquée.

J'ai été assez surpris de découvrir ensuite que nos prétendues mauvaises relations étaient, selon certains, un « secret de Polichinelle ».

Si tel était le cas, je dois être le seul à ne pas avoir été mis au courant.

Très sincèrement, je n'ai jamais ressenti cela au quotidien.

La réalité est que les relations se sont dégradées beaucoup plus tard, après l'obtention du titre, à son initiative et au travers de plusieurs prises de position publiques que je n'ai ni comprises ni partagées.

Je ne vais pas m'attarder davantage sur ce sujet.

Je constate simplement qu'il y a eu trois titres sans lendemain dans sa carrière.

À chacun d'en tirer les conclusions qu'il souhaite. 

 

On vous reproche de ne pas lui faire confiance pour accompagner le RE Virton en D1B. Que leur répondez-vous ?

Si nous ne lui faisions pas confiance, il ne serait plus là depuis longtemps.

Nous avons compté jusqu'à 13 points de retard à un moment de la saison. Beaucoup demandaient un changement d'entraîneur.

Il faut également rappeler que nous disposions d'un effectif considéré par de nombreux observateurs et acteurs comme l'un des plus complets, voire le plus complet de la division.

Dans ce contexte, la pression était réelle et les interrogations légitimes.

Malgré cela, nous avons choisi la stabilité.

Nous avons maintenu notre confiance dans le staff, nous avons continué à travailler et nous avons atteint l'objectif fixé : la montée en D1B.

La question aujourd'hui n'est donc pas de remettre en cause ce qui a été accompli cette saison.

La question est de savoir quelle est la meilleure décision pour accompagner la prochaine étape du projet.

Comme lorsque nous avions 13 points de retard, nous prenons nos décisions avec sang-froid et dans l'intérêt du RE Virton.


On vous sent très attaché à la notion de hiérarchie, d’institution et de respect du cadre dans un club. Pourquoi est-ce si important ?

Oui, c’est fondamental dans la structuration d’un club professionnel comme dans n’importe quelle entreprise d’ailleurs.

Un club ne peut pas fonctionner sans cadre clair, sans organisation et sans respect des rôles de chacun.

Il existe aussi un devoir de réserve et une responsabilité vis-à-vis de l’institution que l’on représente. C’est cette discipline interne qui permet à une institution de rester stable, de progresser et de se développer dans la durée. Être champion ne vous permet pas tout. Surtout quand vous réclamez une prolongation.

 

Où en sont les discussions avec les joueurs ? Certains, comme Mayron, disent ne pas avoir eu de nouvelles.

Une grosse majorité des joueurs a déjà été reçue ou est en cours de réception dans le cadre des entretiens de fin de saison organisés par Mohamed Hakem, notre manager général.

Ces entretiens font partie du processus normal de bilan individuel après une saison.

Concernant Mayron, il ne s’est pas inscrit sur le fichier de planification mis à disposition pour fixer un créneau d’entretien. Cela explique qu’il n’ait pas encore eu cet échange formel à ce stade.

Son agent a néanmoins été en contact avec nous ce week-end, et les échanges sont en cours par ce biais.

En fonction de notre budget, de notre organisation et de la stratégie sportive définie pour la saison prochaine, des propositions seront formulées aux joueurs concernés dans les prochains jours et prochaines semaines.

Nous reconnaissons que le dossier du coach a logiquement retardé une partie du processus.

 

Quel profil de coach recherchez-vous pour la suite ?

Nous recherchons un profil capable d’accompagner la phase 2 du projet.

Idéalement un entraîneur connaissant le football belge, avec une forte capacité de développement des joueurs.

L’objectif est de faire progresser les joueurs, de les valoriser et de créer de la valeur sportive pour le club.

Nous voulons un coach capable de combiner exigence de performance et développement individuel.

 

Avez-vous déjà avancé sur ce dossier ?

Gouverner c’est anticiper donc oui.

 

Le passage de N’Golo Kanté a beaucoup fait parler. Quel regard portez-vous sur ce moment ?

C’était un moment très fort pour le club.

N'Golo Kanté

Il a trouvé l’initiative très belle, notamment le fait de récompenser toutes les composantes du club : joueurs, staff, sécurité, jardiniers, bénévoles et employés.

Il a été touché par la présence des enfants et par l’atmosphère dans le stade.

On a vécu un moment sincère et humain.

Il a été compliqué de le ramener avec son agenda chargé mais il ne le regrette pas du tout.

 

Avez-vous fait un point global sur le projet avec N’Golo Kanté ?

Nous avons eu près de deux jours de travail et d’échanges très riches et très concrets.

Nous avons passé en revue l’ensemble des sujets structurants du RE Virton : le développement du club, sa structuration progressive, la montée en D1B et les étapes à venir pour consolider le projet dans le football professionnel.

Ce qui ressort clairement de ces échanges, c’est qu’il connaît parfaitement la réalité du club aujourd’hui. Il est informé de manière précise des objectifs, des contraintes, des difficultés rencontrées, mais aussi des moyens mis en place pour y répondre.

Il suit le projet de près, avec des points réguliers, et il a d’ailleurs lui-même confirmé en interview qu’il avait une lecture claire du fonctionnement du club et qu’il estimait que l’équipe dirigeante travaillait de manière cohérente.

À l’issue de ces échanges, il a réitéré sa pleine confiance dans la structure en place et dans le travail accompli par l’ensemble de la direction.

C’est un signal fort, qui confirme la stabilité du projet et la continuité de la trajectoire engagée.


Avez-vous quelques anecdotes de son passage ?

Il y en a plusieurs, mais je préfère rester discret sur certaines (sourire).

À son arrivée au stade, on ne s’attendait pas à cette affluence car nous n’avions pas communiqué, il voit beaucoup de voitures garées, le parking est plein et je sais qu’il n’aime pas ça.  il dit en souriant : « il y a du monde on dirait… ». 

Je lui ai répondu : « Guet-apens ».

Sur le retour, il a parlé de la pelouse et a nommé les jardiniers « les boulis », en référence à Arnaud et Olivier. Preuve qu’il est totalement connecté au club en connaissant les surnoms de nos jardiniers.

 

Une dernière ?

Lorsque les enfants défilaient et recevaient leurs récompenses, il m’a dit en souriant : « Tu es sûr qu’il n’y en a pas qui passent deux fois ? »

Puis, une fois la cérémonie terminée, je lui ai dit : « On peut y aller si tu veux ». Mais il a préféré rester afin que tout le monde puisse avoir sa photo.

Il est ensuite allé à la rencontre des supporters pour que chacun puisse profiter du moment.

Ce sont des moments simples, mais qui reflètent bien l’ambiance et l’esprit de sa venue.

 

Quel message souhaitez-vous adresser aux supporters ?

Je veux d’abord les remercier pour leur soutien constant.

Je veux aussi rappeler une chose essentielle : le RE Virton est une institution avant d’être des individus. Les joueurs passent, les entraîneurs passent, les dirigeants passent.

Le club reste.

Notre responsabilité est de continuer à construire, à nous structurer et à faire progresser le RE Virton pour lui permettre de s’installer durablement dans le football professionnel.

Le meilleur est devant nous.


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